Paragraphe 1

C’est une population étrange qui arrive et qui repart : familles nombreuses, métiers étrangers à notre culture. Ils sont remarqués dans leurs caravanes, craints dans le quartier, mais admirés pour leur musique... les gens du voyage sont sources d’interrogations et de peurs pour les sédentaires que nous sommes. Ils nous inquiètent.
Paragraphe 2

La première réaction est souvent la suspicion. De vieux stéréotypes reviennent à l’esprit : vol, mensonge, saleté. Leur présence peut d’ailleurs inciter certaines personnes à commettre des crimes et à les en accuser faussement. De la suspicion à l’exclusion le chemin est court. Dans certains pays, les gens du voyage sont la cible des néo-fascistes. De l’exclusion à l’extermination, le pas a été franchi par les nazis et leurs complices. Comme pour les Juifs, on en est venu à nier l’humanité des « Tziganes » et à organiser systématiquement leur élimination.
Paragraphe 3

Si nous sommes quelque peu attentifs, nous constatons que les gens du voyage attachent moins d’importance aux biens matériels que nous. Ils tiennent beaucoup à la solidarité familiale. Le besoin d’école est ressenti comme limité ; car les parents craignent que la scolarisation des enfants n’entraîne la disparition de leur culture propre.
Paragraphe 4

De quoi vivent-ils? La plupart de leurs métiers nécessitent le mouvement afin d’éviter la saturation du secteur de travail, car le marché local est rapidement épuisé. Certains de leurs métiers ont quasiment disparu : fabrication de parapluies, d’objets en fer forgé et en bois.
Paragraphe 5

D’où vient l’hostilité? Non seulement des habitants du coin, mais également des pouvoirs publics qui, trop souvent, négligent leurs responsabilités. Depuis 1990, la loi « Besson » impose l’aménagement de terrains de stationnement dans toutes les communes de plus de 5 000 habitants. Elle est loin d’être respectée. D’une manière générale les dispositions légales sont interprétées restrictivement, la lettre l’emportant sur l’esprit du texte.