C'est seulement quand ils crient "Police,
ouvrez!" qu'Ajmal réagit. Les coups frappés
à la porte ne l'ont pas fait sursauter. Il a fallu
le mot "police" pour que son corps se tende,
que son regard me cherche. Un mot qu'il
connaît. "Polizia", en italien. "Polis", en turc.
Durant les neuf mois de son voyage difficile,
il l'a aussi entendu en persan, en grec et en
bulgare. Ils sont là pour lui. Je lui fais signe de
se taire et je lui indique mon armoire. Qu'il se
cache, là, tout de suite!
J'enfile une chemise de nuit et je vais ouvrir la
porte d'entrée. Ils sont trois, dont une femme,
qui me montre sa carte: ils entrent sans
m'adresser la parole.